supprimer les effets de seuil
Les allocataires du RMI bénéficient dun dégrèvement total de taxe dhabitation et dune exonération de la redevance audiovisuelle. La création du rSa soulève la question de lavenir de ces dispositifs, qui génèrent des effets de seuil en cas de reprise demploi.Un effet de seuil existe par ailleurs pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC). Ce dispositif est en effet soumis au respect dune condition de ressource : les revenus du bénéficiaire ne doivent pas excéder 7272 û par an, soit 606 û par mois. Les allocataires du RMI ont droit, en cette qualité dallocataire du RMI, à la CMUC. Ce droit connexe est particulièrement important. 4,8 millions de personnes sont couvertes par la CMUC, pour un coût total de 1,6 milliards dû. La moitié de ces bénéficiaires sont allocataires du RMI.
Les effets de seuil liés à la CMUC sont bien documentés. Lavantage attaché à cette prestation est en effet très important. Le panier de soins couvert par la CMUC correspond à celui couvert par un contrat de complémentaire santé de milieu de gamme. Les bénéficiaires sont dispensés davance de frais et les professionnels de santé tenus de respecter des tarifs opposables. Le franchissement du plafond de ressources, à loccasion dune reprise dactivité par exemple, et la perte de droit consécutive, peuvent donc savérer très pénalisants pour les intéressés. Cet effet de seuil a été atténué par la création, en 2004, de laide à lacquisition dune complémentaire santé (ACS) qui permet doffrir aux personnes dont les revenus sont inférieurs à 120 % du seuil de la CMUC un chèque représentant environ 50% du coût dun contrat de complémentaire santé. Les deux aides sont cependant de nature différente. Le passage de la CMUC à lACS a un coût important. Pour chaque catégorie de bénéficiaires, il nexiste quun seul taux daide, de sorte que le dispositif crée un nouvel effet de seuil lorsque les ressources de lintéressé franchissent le plafond de ressources majoré de lACS.
Deux questions sont ainsi soumises à la consultation sur les mesures à mettre en oeuvre pour supprimer ces effets de seuil :
Il est devenu courant de considérer que la réforme des droits connexes impose de sortir dune logique de « statut » pour appliquer une logique de « revenu». Cette condition est nécessaire mais pas suffisante. Supprimer une aide à statut pour créer une aide conditionnée au respect dun plafond de revenu unique, exprimé en valeur absolue, laisse entier leffet de seuil que lon souhaite supprimer. Lenjeu nest pas seulement de sortir de la logique de statut, mais aussi de construire une logique de progressivité dans lattribution des aides.
Dans cette perspective, une proposition de loi a été adoptée par le Sénat en première lecture au mois de janvier 2007. Ce texte prévoit de transformer les exonérations de taxe dhabitation et de redevance audiovisuelle actuelles en un régime dexonération en fonction du quotient familial, du revenu et de lâge, qui est conçu pour ne pas faire de perdants. La difficulté de cette solution est quelle présente un coût élevé (de lordre de 500 à 800 millions dû en déduction de la taxe dhabitation et de lordre de 450 M dû en déduction de la redevance audiovisuelle). Ce coût sexplique par le fait que la mesure revient à étendre à une population plus importante les avantages fiscaux des ménages sans ressources.
Sans méconnaître la possibilité de solutions nouvelles et considérant le rôle central du rSa pour les personnes sans autres revenus, une solution pourrait consister, concomitamment à la création du rSa, à sortir de la logique dexonérations fiscales des personnes sans revenus et à redéployer les sommes actuellement consacrées aux exonérations fiscales attachées au statut de bénéficiaire du RMI dans le barème afin den garantir la soutenabilité pour les finances publiques.
question 15 : comment réduire les effets de seuil liés au barème de la couverture maladie universelle complémentaire ?
La CMUC est un progrès essentiel dans laccès aux soins des personnes ne disposant pas dassurance complémentaire. Laccès à ce dispositif est soumis au respect dun plafond de ressources fixé en deçà du seuil de pauvreté. Les allocataires du RMI bénéficient, de droit, de la CMUC.
Laccès à la CMUC est donc marqué par deux effets de seuil : un lié au statut, pour les allocataires du RMI ; un lié au barème qui prévoit un unique plafond (léquivalent de 606 û par mois). Les deux effets doivent être abordés conjointement.
Un commencement de solution au problème de ces effets de seuil est constitué par lACS qui prend le relais de la CMUC pour des revenus supérieurs à jusquà 1,2 fois ce plafond. Cette aide ne « lisse» toutefois que très imparfaitement cet effet de seuil. En particulier, le public qui en bénéficie (300 000 personnes) est très éloigné du public ciblé (2,7 millions de personnes).
La création du rSa ne serait pas complète si elle ne conduisait pas à réviser tous les effets de seuil. En particulier, la création dun bouclier sanitaire, dont lobjet est de plafonner en proportion des ressources le montant des dépenses de santé restant à la charge des assurés est susceptible, si elle est menée à bien, de modifier en profondeur les termes de ce débat et de réduire nettement les effets de seuil de la CMUC. A défaut, dautres options peuvent être identifiées qui portent sur les mécanismes de lACS.
source:premier-ministre.gouv.fr, Livre vert.rSa.

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